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Journée d'étude dimanche 26 juin à Neuchatel (Suisse)

Voyage 2016

Musée d’histoire naturelle et le Latenium

Comme souvent lors de notre déplacement annuel, le soleil était… presque…  au rendez-vous pour une sortie qui, le 26 juin 2016, regroupait 50 participants et devait nous conduire à Neuchâtel en admirant au passage les magnifiques paysages offerts par la traversée du Jura.

Le programme commença par la visite du musée d’histoire naturelle sous la responsabilité de notre sociétaire et conservateur en sciences de la terre, Thierry Malvesy, dont les compétences et l’enthousiasme sont bien connus. En 1795, le général Charles-David de Meuron fit don de son cabinet d’histoire naturelle au muséum de Neuchâtel qui ne devint un véritable musée public qu’en 1835 dans les locaux du Collège latin (actuelle bibliothèque publique et universitaire). L’impulsion initiale fut donnée par Louis de Coulon (1804-1894) et Louis Agassiz (1807-1873). Le musée, qui doit à ce dernier une part très importante de ses collections, poursuivit son développement à la suite de son départ aux États-Unis en 1846. De 1917 à 1960, le développement du musée fut fortement ralenti par manque d’intérêt public et de dynamisme de ses directeurs successifs. En 1960, Archibald Quartier en prend la direction et lui donne un nouvel élan, faisant construire de magnifiques dioramas qui présentent de façon vivante la faune des mammifères et des oiseaux de Suisse. Le musée connaît alors une fréquentation croissante justifiant une extension. Des travaux commencent en 1979 et s’achèvent en 2000 avec une installation dans l’ancien collège de jeunes filles, rue des Terreaux. Près de 100 000 personnes s’y pressent chaque année pour admirer ses collections riches et variées de spécimens et types provenant des quatre coins de la planète : 2 500  spécimens de mammifères, 13 000 d’oiseaux, près de 30 000 cadres d’insectes, 5 000 spécimens de fossiles inclus dans l’ambre de la Baltique, outre une très riche collection archéologique magnifiquement présentée (Alpes, Jura, mais aussi monde entier). Nous avons pu aussi visiter la nouvelle exposition temporaire, « Émotion » ainsi que l’exposition « Abyss » qui présentait de façon très originale et esthétiquement magnifique la faune des grandes profondeurs océaniques.

Le déjeuner fut pris dans le cadre agréable du restaurant Max et Meuron. Le menu comprenait salade verte, saucisse de Neuchâtel flanquée d’un gratin dauphinois et de petits légumes, tarte aux noisettes, crème chantilly à l’absinthe, pêche confite dentelle à l’orange, le tout arrosé de vin du pays et d’un café. Respectant  les consignes horaires fixées, les participants étaient prêts à poursuivre le programme de la journée avec la visite du musée archéologique Laténium.

La SEM au Latenium

Édifié sur le site d’Hauterive-Champréveyres, à proximité immédiate du centre de Neuchâtel, le musée est au cœur d’un parc archéologique magnifiquement situé au bord du lac et aménagé avant sa construction. Au début des années 1990, il a accueilli le « méga bloc de Monruz » (prélèvement en un bloc de 400 tonnes d’un campement de chasseurs-cueilleurs vieux de 15 000 ans) et une équipe d’artisans spécialisés a reconstruit une maison lacustre de l’âge du bronze ainsi que le fac-simile d’un chaland gallo-romain de 20 mètres de long retrouvé à Baix lors de fouilles subaquatiques. Enfin des essences végétales ont été sélectionnées pour évoquer les différents paysages préhistoriques régionaux. D’autres constructions sont venues ensuite compléter ce véritable « musée de plein air » implanté sur les vestiges de trois gisements préhistoriques fouillés dans les années 1980. Jusque dans les années 1970, l’espace occupé aujourd’hui par le musée et le parc était immergé sous le lac. Explorée à sec grâce à la création d’un polder, la zone archéologique fut ensuite comblée et rehaussée par les matériaux de l’autoroute en construction, puis aménagée en parc archéologique. Les recherches ont mis au jour trois occupations distinctes : un campement de chasseurs de la fin du paléolithique (vers 15000 av. J.-C.), un village néolithique (3810-3790 av. J.-C.) et un village de la fin de l’âge du bronze (1056-871 av. J.-C.) et permis la découverte et la conservation de milliers d’objets conservés dans le musée construit entre 1998 et 2000.

Le musée doit son nom au village de la Tène, situé à l’extrémité orientale du lac et devenu site éponyme du second âge du fer (450 av. J.-C. – début de notre ère). Considérée comme l’apogée de la civilisation celtique, la période de la Tène succède au Hallstatt et s’achève avec la conquête romaine et les migrations germaniques. Le directeur du musée, M. Marc-Antoine Kaeser, nous accueillit par un sympathique mot de bienvenue, puis nous avons suivi une visite assurée par de jeunes guides d’une grande compétence et pleins d’une passion communicative. Le musée expose dans une muséographie résolument moderne, 3 000 objets sur 2 200 m² de surface d’exposition et retrace la vie et les activités des peuples vivant dans la région de Neuchâtel et en Suisse. De l’homme de Néandertal au Moyen Âge, 50 000 ans d’histoire régionale sont présentés et mis en scène dans une perspective européenne, « entre Méditerranée et mer du Nord ». Outre les collections d’archéologie régionale, le musée détient aussi des collections constituées au xixe siècle et offertes par des notables neuchâtelois. Parmi celles-ci se distingue particulièrement celle du colonel de Bosset qui offrit au musée de Neuchâtel le produit de ses explorations, en particulier le plus ancien ensemble connu de monnaies mycéniennes. Il abrite aussi un laboratoire de recherche de renommée internationale.

Après cette journée particulièrement riche, aux multiples aspects originaux, le retour se fit rapidement. Nos remerciements très chaleureux vont à Denise Hugon, notre fidèle et toujours efficace responsable des sorties qui organise comme chaque année avec autant de rigueur et de passion nos journées d’études si appréciées car elles associent avec bonheur découverte culturelle, convivialité et bonne chère.

 

Légendes

La SEM au Laténium. © Claude Canard

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